- Ecole militaire d'infanterie cherchell - 1942 - 1962

NOMBRE DE MORTS AU CHAMP D'HONNEUR

PAR PROMOTIONS



Cherchell

Weygand Tunisie Libération Marche au Rhin Rhin Français Italie, île d’Elbe 28 24 4 1 France, Allemagne 32 48 50 28 8 Indochine,Madagascar 7 17 26 22 150 Algérie, Tunisie 2 4 5 3 16
Total 69 93 85 54 174

Cherchell, suite

Ptomotions d'EOR Sous-officiers Indochine, Corée 2 5 Algérie, Tunisie 188 4
Total 190 9 Toutes promotions Cherchell : 674

Médiouna

Promotion Weygand 37
Total Cherchell 674 + Médiouna 37 = 711

PAR THÉÂTRES D’OPÉRATIONS

Cherchell

Italie France-Allemagne Indochine-Corée Algérie Ile d'elbe Madagascar Tunisie-Maroc « Weygand » 28 32 7 2 « Tunisie » 24 48 17 4 « Libération » 4 50 26 5 « Marche au Rhin » 1 28 22 3 « Rhin Français » 8 150 16 Élèves Sous-officiers 5 4 Promotions d'Élèves Officiers de Réserve 2 188
Total 57 166 229 222 674

Médiouna

(Tous théâtres d’opérations) 37
Total Cherchell : 674+ Médiouna :37=711

PAR CONFLITS

(Toutes promotions confondues y compris Médiouna) 1939-1945 : 251; Indochine : 232; Algérie : 223; Indéterminé : 5. TOTAL : 711

La plaque "Cherchell" sur le monument dédié "aux fantassins morts pour la France" (Cour du Musée de l'Infanterie, EAI Montpellier)

Centenaire de la Grande Guerre : Hommage à «Ceux de 14-18»


Dans la mémoire des français la guerre de 14-18 tient une place à part, ineffaçable.

Plusieurs raisons à cela : 8 410 000 mobilisés, 1 397 000 morts, 537 000 disparus, près de 3 millions de blessés, dont des invalides, des amputés, des « gueules cassées ». Toutes les familles ont été impliquées dans ce conflit mondial, nos pères, nos grands-pères, nos cousins y ont participé. Cette guerre fut marquée par les souffrances morales, physiques, psychologiques des combattants, par la puanteur des tranchées, les rats, les poux, les cadavres déchiquetés et en décomposition, les hécatombes des batailles, les vaines et meurtrières attaques, le martyre de l’infanterie (les 393 régiments d’infanterie ont perdu, à eux seuls, à peu près 800 000 hommes) ; mais aussi parle courage, le patriotisme, la patience et la résignation des « poilus » et d’un peuple encore largement paysan. Place à part, car ce fut une guerre gagnée, au prix de lourds sacrifices, mais gagnée, avec l’aide des alliés et le concours de « l’Empire français ». Peut-être la dernière fois que la France pouvait se regarder comme une grande puissance… Les paysans ont fourni le gros des bataillons, mais la levée en masse, cet immense brassage affecta aussi : ouvriers, employés, bourgeois, intellectuels. Parmi les écrivains français morts ou ayant survécu à la guerre les plus connus on peut citer : Maurice Genevoix, Georges Bernanos, Henri Fournier dit Alain-Fournier, Charles Péguy, Louis Pergaud, Henri Barbusse, Roland Dorgelès, Georges Duhamel, Louis, Ferdinand Destouches dit Céline, Jean Giraudoux. Et parmi les étrangers Apollinaire, Blaise Cendrars, Alan Seeger.

Alan Seeger, américain, engagé à la Légion Etrangère le 24 août 1914, tombé au combat le 4 juillet 1916


Né en 1888, diplômé de Harvard, passionné de poésie et de littérature. En 1912 il est à Paris, au quartier latin et écrit quelques chroniques et un recueil de vers. Dès 1914, alors que les Etats-Unis n’étaient pas en guerre, il s’engagea, avec une cinquantaine de ses compatriotes (american volunteers), au service de la France. Affecté au 2e Régiment de Légion Etrangère, il est tué le 4 juillet 1916 à Belloy en Santerre. « …qu’il soit bien compris que je n’ai pas pris les armes par haine des Allemands ou de l’Allemagne, mais par amour pour la France.» (Journal, 31 juillet 1915).
Son poème prémonitoire
I have a rendezvous with Death I have a rendezvous with Death At some disputed barricade, When Spring comes back with rustling shade And apple-blossoms fill the air— I have a rendezvous with Death When Spring brings back blue days and fair. It may be he shall take my hand And lead me into his dark land And close my eyes and quench my breath— It may be I shall pass him still. I have a rendezvous with Death On some scarred slope of battered hill, When Spring comes round again this year And the first meadow-flowers appear. God knows 'twere better to be deep Pillowed in silk and scented down, Where love throbs out in blissful sleep, Pulse nigh to pulse, and breath to breath, Where hushed awakenings are dear... But I've a rendezvous with Death At midnight in some flaming town, When Spring trips north again this year, And I to my pledged word am true, I shall not fail that rendezvous. Alan Seeger J’ai rendez-vous avec la mort Sur quelque barricade disputée Quand le printemps revient avec son ombre bruissante Et que les pommiers en fleur emplissent l’air. J’ai rendez-vous avec la mort Lorsque le printemps rappelle les beaux jours bleus. Il se peut qu’il prendra ma main Et me conduise dans son pays ténébreux Et ferme mes yeux et me coupe le souffle, Il est possible que je le passe encore. J’ai rendez-vous avec la mort Sur quelque versant de colline meurtrie de cicatrices, Quand le printemps sera de retour cette année Et paraitront les premières fleurs de prairie. Dieu sait qu’il vaudrait mieux être au profond Des oreillers de soie et de duvet parfumé Où l’amour palpite en un sommeil bienheureux, Pouls contre pouls et souffle contre souffle, Où les réveils discrets sont chers… Mais j’ai rendez-vous avec la mort A minuit dans quelque ville en flammes Alors que le printemps revient vers le nord cette année, Fidèle à ma parole donnée, Je ne manquerai pas ce rendez-vous. Alan Seeger

Le 152e Régiment d'Infanterie


Le 152e régiment d’infanterie, surnommé régiment des Diables Rouges par les Allemands au cours des combats de l'Hartmannswillerkopf (Vieil Armand) en 1915, a conservé son nom de tradition. Des premiers combats en Alsace jusqu'aux derniers dans les Flandres belges, devant Roulers , la Lys et l'Escaut, le Quinze-Deux s'est couvert de gloire. Il fut cité sept fois à l'Ordre de l'Armée. Après l'attribution de la fourragère aux couleurs des rubans de la Croix de guerre puis de la Médaille Militaire, il fut, en 1918, le premier régiment de France métropolitaine à recevoir la fourragère à la couleur du ruban de la Légion d'honneur.


Drapeau et fanions du 152e Régiment d'Infanterie (Photographie directe en couleurs du commandant T.
« L'Illustration », 13 juillet 1918)


CAMPAGNE DE BELGIQUE Roulers, La Lys (Octobre-Novembre 1918) A la fin du mois de septembre 1918, le 152e d’infanterie s’embarquait en gare de Château-Thierry à destination de Calais. Il appartenait à la 164e division qui avec d’autres divisions françaises devait opérer dans les Flandres en appui de l’armée belge. Après trois jours de repos à Gravelines, le régiment se rapprocha de Dunkerque, de la frontière belge puis du front des Flandres. Le 15-2 devait exécuter devant Roulers ses deux dernières grandes attaques. Pendant plusieurs jours les batteries d’artillerie furent sans munitions, et les fantassins sans autre ravitaillement que celui que leur jetaient les avions. Le 2 octobre, le 3e bataillon se porta à l’assaut de la chapelle de Gemeenhof : la préparation d’artillerie avait été nulle et les hommes avaient, ou à peu près, le ventre vide, et malgré des efforts surhumains, les allemands tenaient. Une seconde attaque fut décidée pour le lendemain. L’artillerie avait reçu quelques munitions et les chars d’assaut s’étaient enfin frayé un passage. Le 15-2 attaqua le 3 octobre avec deux bataillons, le 2e et le 3e. Comme la veille l’ennemi opposa une résistance farouche. Les troupes d’attaque furent obligées de traverser des tirs de barrage d’une extraordinaire violence. Les chars d’assaut ouvraient la marche et firent de l’excellente besogne en liaison parfaite avec les braves poilus du 15-2. A gauche, le 2e bataillon (capitaine Lecomte) sort à l’heure « H », avec un ensemble et une fougue dignes des beaux jours de la Somme et du Chemin des Dames. Tous les officiers tombent les uns après les autres. Mais l’élan est donné, et le capitaine Siguier, un vieux du bataillon, continue à entraîner les vagues d’assaut décimées. Le 2e bataillon, malgré les feux de mitrailleuses qui redoublent de violence, progresse et réalise une avance de 1 500 mètres, puis s’organise sur ses nouvelles positions au nord de Reygerie. A droite, le 3e bataillon se heurte à la même résistance. Ses compagnies de tête sont commandées par deux jeunes officiers, le lieutenant Winckler qui tomba à la tête de sa compagnie et le lieutenant de La Rochefordière qui échappa par miracle à la mort et fut promu capitaine. Il avait vingt-deux ans. Le 3e bataillon avait réussi à s’emparer de Gemeenhof et s’organiser à hauteur de Reygerie. D’après l’Historique du 152e RI (Imprimerie Berger-Levrault)

Surnommé «Régiment des Diables Rouges»



« La garde au drapeau du 152e Régiment d'infanterie » Tableau de Georges Scott
Dépôt du Musée de l'Infanterie (Huile sur toile,244cmX215cm)


Citation à l'Ordre du Régiment du soldat CHABANCE Louis
Lors de l'attaque du 3 octobre 1918 il allait avoir 20 ans (né le 6 octobre 1898)